Huis clos

Performance
2019

Le huis-clos est une notion ambivalente qui comporte une double identité : protectrice et oppressante.

Lorsque l’on vit dans une habitation, le huis-clos est rassurant puisqu’il procure un sentiment de sécurité en nous protégeant des éventuels dangers extérieurs. Mais il peut cependant aussi être angoissant et synonyme de danger puisque si le danger vient de l’intérieur de l’habitation, les caractéristiques du huis-clos peuvent alors devenir malsaines. C’est l’angoisse que peut engendrer le fait d’être cloisonné, enfermé chez soi qui m’a intéressée dans ce projet. J’ai travaillé sur la porte, élément architectural symbolisant pour moi par excellence l’enfermement, le huis clos. J’ai moulé la face extérieure de ma porte d’entrée et l’ai tirée en latex, matière souple offrant une certaine transparence contrastant avec la matérialité rigide et opaque habituelle des portes d’entrée. Durant ma performance, le spectateur entrevoit mon corps en détresse, interagissant avec la porte évoquant une volonté de sortir vers l’extérieur. J’ai également travaillé sur un son créé à partir de bruits de portes qui s’ouvrent, se ferment, claquent, grincent, de clé dans une serrure, de sonnette, et de main qui toque à une porte, couplés avec des sonorités angoissantes. Ce son est exclusivement audible par le spectateur en mettant un casque, témoignant du fait que le huis-clos empêche aux personnes extérieures d’avoir accès aux sons de la vie qui se passe dans une habitation. L’aspect angoissant du son révèle aussi que le huis-clos coupe les habitants du monde extérieur et empêche d’éventuels témoins d’avoir accès à un quelconque événement dramatique qui pourrait s’y passer. Une chaise disposée au sein de l’installation invite le spectateur à s’y assoir et être témoin, voyeur.